lundi 6 février 2012

Présentations des Leçons Psychanalytiques de Paul-Laurent Assoun, Mardi 7 février 2012 à 20heures

Mardi 07 Février à 20h

Nous recevons :

Paul Laurent ASSOUN

Professeur à l’Université Paris-7 Diderot, Psychanalyste,

A propos des

Leçons psychanalytiques

Le transfert, Les phobies, Le fantasme, L’angoisse…

Publiées chez Anthropos

Débat avec Yves Le Bon, psychanalyste.


La Terrasse Guternberg, 9 Emile Castalar, Paris 75012

samedi 15 octobre 2011

Colloque, 19 novembre 2011, Symptômes corporels et illusions collectives", Amphi 9E, Université Paris 7,


© Udayanga Amarasekara / flickr photo


Symptômes corporels

et

illusions collectives

de 08h45 – 16h45

Amphi - 9E

Entrée Libre

Université Paris 7, Denis Diderot

(Halles aux Farines, rue F. Dolto, 75013, Paris, Métro RER, Bibliothèque François Mitterrand)

(Pour tous renseignements : Elizabeth KALUARATCHIGE : kaluara@voila.fr)

Dans Le malaise dans la culture, en parlant des méthodes que l’homme utilise pour diminuer la souffrance et augmenter les sensations de bonheur, Freud insiste sur la difficulté de faire pousser « une cuirasse impénétrable aux flèches du destin » et sur la défaillance de ces méthodes « lorsque le corps propre devient la source de la souffrance ». De l’introduction du toxique « étranger au corps » jusqu’à la sublimation religieuse et spirituelle, il introduit une articulation concrète entre le corps sacrifié et/ou exalté et le corps imbriqué dans le symbolique ainsi que son envers, le symptôme.

Un siècle à peu près après cette œuvre freudienne, les religions non seulement monothéistes, mais les religions nouvellement introduites sous différentes formes, sont impliquées dans des pratiques religieuses les plus contemporaines. Ces formes nouvelles ancrées exigent une analyse dans un cadre mieux défini conceptuellement. Inscrivant la démarche psychanalytique dans une réflexion critique sur la notion de sécularisation, de fanatisation ou d’extrémisme, ce colloque cherche à montrer que le corps en tant que source de la souffrance entre en jeu à travers les pratiques socialement introduites dans la sphère religieuse moderne. Par ce biais, l’analyse profane introduite par Freud ouvre un débat sur le monothéisme, l’athéisme ainsi que la spiritualité, articulés avec la science. Il s’agit de débattre de l’articulation entre l’anthropologie psychanalytique et les pratiques sociales du corps religieux, à travers les questions concernant les usages du corps, la diversité des représentations du corps dans une démarche où se conjuguent, en ce lieu « soma », des déterminations inconscientes, sociales, culturelles et scientifiques.

Le colloque confrontera des formes d’expression de la souffrance des corps et des dispositifs de soin dans les phénomènes « hybride » : para-médical, para-psychologique, « pseudo-religieux », pseudo-scientifique. Engagée dans une investigations des situations actuelles, que peut dire ou envisager, l’analyse profane de la psychanalyse au sujet de ces formes nouvelles des pratiques corporelles ? Quels sont les enjeux inconscients liés au corps dans ce monde de mutation ? Ce colloque est prévu pour débattre ainsi le rapport du sujet avec sa vérité de l’inconscient dans des mouvements nouveaux dans la dimension occidentale et internationale des religions : le judaïsme, le christianisme, l’Islam, le bouddhisme, l’hindouisme dans les résurgences du phénomène « New Age ».

Programme

08h45-09h00 Ouverture du Colloque par Pr. Paul-Laurent ASSOUN, Directeur d’équipe Interne « Corps, pratiques sociales et anthropologie psychanalytique » du CRPMS, Université Paris 7.

09h00-09h45 « Le vampire, un non mort encore vivant » par Max KOHN

Maître de Conférences, Université Paris 7.

9h45-10h00 Discussion

10h00-10h45 « Destins cliniques du corps : le corps social et son envers inconscient » par Pr. Paul-Laurent ASSOUN

10h45-11h00 Discussion

11h00-11h45 « Le destin bouddhique, la souffrance occidentale » par Elizabeth KALUARATCHIGE

Maître de conférences, Université Paris 7.

11h45-12h00 Discussion

13h30-14h15 « Le rapport non avoué et « non su » , entre transsexualisme et transfiguration, comme exercice du religieux » par Claire GILLIE

Chargée de Cours, Université Paris 7.

14h15-14h30 Discussion

14h30-15h15 « Vêtement et corps féminins dans la société marocaine contemporaine » par Aline TAUZIN

Chargée de Recherches CNRS.

15h15-15h30 Discussion

15h30 – 16h15 « La glossolalie, phénomène religieux et/ou psychotique »par Pr. Gérard POMMIER

Professeur de l’Université de Strasbourg.

16h15-16h30 Discussion

16h30 fin du colloque et conclusion- par Pr. Paul-Laurent ASSOUN

Colloque organisé par l’équipe de recherches (interne) « Corps, pratiques sociales et anthropologie psychanalytique » du CRPMS, UFR Sciences Humaines Cliniques, Université Paris 7, Denis Diderot.

Directeur d’Equipe interne : Pr. Paul-Laurent ASSOUN

Directeur CRPMS : Pr. Alain VANIER


dimanche 17 juillet 2011

Colloque: "Symptômes corporels et Illusions collectives", 19 novembre 2011, Université Paris 7, Denis Diderot.



Organisé par l’équipe de recherche (interne) : « Corps, pratiques sociales et anthropologie psychanalytique » du CRPMS (Centre de recherche psychanalyse, médecine et société)

Organisatrice : Elizabeth KALUARATCHIGE

Sous la direction de Paul-Laurent ASSOUN

Dans Le malaise dans la culture, en parlant des méthodes que l’homme utilise pour diminuer la souffrance et augmenter les sensations de bonheur, Freud insiste sur la difficulté de faire pousser « une cuirasse impénétrable aux flèches du destin » et sur la défaillance de ces méthodes « lorsque le corps propre devient la source de la souffrance ». De l’introduction du toxique « étranger au corps » jusqu’à « la sublimation religieuse et spirituelle », Freud introduit une articulation concrète entre le corps sacrifié et/ou exalté et le corps imbriqué dans le symbolique ainsi que son envers, le symptôme.

Un siècle à peu près après cette œuvre freudienne, les religions non seulement monothéistes, mais les religions nouvellement introduites sous différentes formes, sont impliquées dans des pratiques religieuses « corporéisées » les plus contemporaines. Ces formes nouvelles ancrées exigent une analyse dans un cadre mieux défini conceptuellement. Inscrivant la démarche psychanalytique dans une réflexion critique sur la notion de sécularisation, de fanatisation ou d’extrémisme, ce colloque cherche à montrer que le corps en tant que source de la souffrance entre en jeu à travers les pratiques socialement introduites dans la sphère religieuse moderne. Par ce biais, l’analyse profane introduite par Freud ouvre un débat sur le monothéisme, l’athéisme ainsi que la spiritualité, articulés avec la science. Il s’agit de débattre de l’articulation entre l’anthropologie psychanalytique et les pratiques sociales du corps religieux, à travers les questions concernant les usages du corps, la variété des troubles somatoformes, la diversité des représentations du corps dans une démarche où se conjuguent, en ce lieu « soma », des déterminations inconscientes, sociales, culturelles et scientifiques.

Le colloque confrontera depuis, le corps sacrifié et fanatisé jusqu’au corps « offert » à la science, des formes d’expression de la souffrance des corps et des dispositifs de soin dans les phénomènes « hybride » : para-médical, para-psychologique, « pseudo-religieux », pseudo-scientifique. Engagée dans une investigations des situations actuelles, que peut dire ou envisager, l’analyse profane de la psychanalyse au sujet de ces formes nouvelles des pratiques corporelles ? Quels sont les enjeux inconscients liés au corps dans ce monde de mutation ? Ce colloque est prévu pour débattre ainsi le rapport du sujet avec sa vérité de l’inconscient dans des mouvements nouveaux dans la dimension occidentale et internationale des religions : le judaïsme, le christianisme, l’Islam, le bouddhisme, l’hindouisme dans les résurgences du phénomène « New Age ».

Ce colloque, vise également à repérer et mettre au point dans le débat avec la salle, les thématiques des recherches en cours et à travailler les enjeux épistémologiques de ce type de recherches dans le champ des études « corps et pratiques sociales des religions ».

Le Colloque sera organisé autour des thèmes suivants :

"Destins cliniques du corps : le corps social et son envers inconscient" par Paul-Laurent ASSOUN

"Le rapport non avoué et « non su » , entre transsexualisme et transfiguration, comme exercice du religieux" par Claire GILLIE

"Le destin bouddhique, la souffrance occidentale" par Elizabeth KALUARATCHIGE

"Le vampire, un non mort encore vivant" par Max KOHN

"La glossolalie, phénomène religieux et/ou psychotique" par Gérard POMMIER

"Vêtement féminin et corps féminin dans la société marocaine contemporaine" par Aline TAUZIN

Photo © Udayanga Amarasekara, Souffrance, Poitiers, Flickr Photo, 2011.


lundi 5 juillet 2010

Commentaire par Elizabeth KALUARATCHIGE sur l’intervention de Paul-Laurent ASSOUN lors de la rencontre scientifique sur « la folie »

Le Collège International de philosophie a organisé une rencontre le 29 mai 2010 sur le regard porté aujourd’hui sur ce que l’on nomme traditionnellement la folie. L’intervention de Paul-Laurent Assoun, Professeur à l’Université Paris 7, attire toute notre attention et elle mérite d’être commentée pour l’intérêt qu’elle porte aux acteurs du milieu thérapeutique.


Paul-Laurent Assoun montre en premier lieu, que la dimension psychanalytique de « la folie » intervient entre les deux rationalités philosophique et scientifique. La psychanalyse n’est ni une sorte de complément psy de la science, ni non plus une conception philosophique neuve. Depuis Descartes, dit P.-L. Assoun, dans la modernité philosophique, le cogito ou la pensée se confronte en permanence à la possibilité de la folie. Il est impossible de mener une réflexion sur le sujet pensant et sur la rationalité, sans penser la possibilité de la folie, du fait que la folie vient subvertir la réalité.


L’originalité de la psychanalyse sur la question de la folie, c’est la confrontation au réel de la folie. L’idée de Freud c’est que la psychiatrie essaie toujours de classer les signes, « les maladies » et « les malades », mais classer n’est pas suffisant. Au contraire, l’ambition de la psychanalyse est d’introduire une causalité. P. –L. Assoun insiste sur le terme « ambition ». Il s’agit d’être très modeste face à la complexité de la folie. La psychanalyse a tenté une théorie causale, mais non réductive. L’idée de la psychanalyse c’est donc que le symptôme ou « la folie » ne seraient pas l’effet d’un disfonctionnement ou d’un handicap, malgré les aspects déficitaires notamment dans la psychose. Elle explique que le symptôme vient porter à l’expression une vérité du sujet qui n’a pas trouvé d’autres accès que le symptôme et que cette vérité est articulable dans une structure subjective. Il ne s’agit pas simplement d’un intérêt compassionnel. Sans pour autant dévaloriser la compassion, P.-L. Assoun ajoute que dans la psychanalyse, sympathiser avec la souffrance du sujet ne suffit pas. Elle vise la compréhension de la cause de la souffrance : le conflit fondamental. C’est par là, que le sujet devient primordial dans la psychanalyse. Contrairement à la philosophie, le sujet intervient comme divisé, à travers la dimension inconsciente.


Dans la dernière partie de l’intervention de P.-L. Assoun, nous avons pu comprendre le double aspect de la résistance contre la psychanalyse. Il est d’actualité. Premièrement la philosophie n’oublie pas le sujet. La science au contraire cherche l’objectivité du processus, - c’est d’ailleurs, précise P. –L. Assoun, son devoir-, donc la science refoule le sujet. Au contraire, dans la psychanalyse, le sujet se situe dans une logique de la division du sujet, par la dimension de l’inconscient. Il fait mal aux certains philosophes et également aux scientifiques qui considèrent que le sujet divisé se situe au-delà de la science. Au contraire, dans la psychanalyse, le savoir de l’inconscient ne veut pas subvertir la science. Paul-Laurent insiste beaucoup sur cet aspect. Il ajoute que la psychanalyse pense la science, elle pense le sujet de la science. Lorsqu’on parle de l’inconscient, on ne pale pas d’un sujet psychobiologique ni complètement psychogénétique. La pulsion est déjà un concept limite entre psychique et somatique.


Pour la psychanalyse, le problème n’est pas tout simplement, calmer le délire, -souvent la science s’occupe de ce travail-. Toute la difficulté est de pouvoir non pas seulement traiter l’organe ou l’endroit du cerveau, mais comprendre quand un sujet délire quelle est la logique de la subjectivité de son délire, pour pouvoir l’accompagner. P.-L. Assoun explique ce travail à travers le psychotique. Le délire n’est donc pas une preuve de la folie, mais une tentative par son symptôme de s’adapter à la réalité, pour que le sujet puisse vivre. Il s’agit d’une version viable de la réalité. C’est pour cette raison, que le sujet aime son délire. Avec l’age, certains psychotiques vivent très adaptés, plus adaptés que certains névrosés. Ils peuvent vivre et gérer une tache automatique ou mécanique, avec une certaine efficacité. Par exemple le travail n’est pas perturbé par un acte manqué ni par les crises hystériques. P. L. Assoun insiste donc sur la possibilité d’utiliser des moyens pour maintenir le rapport du sujet psychotique avec l’autre. Il voit l’importance de beaucoup de techniques thérapeutiques utilisées à cet effet. Il ajoute « Tout est bon pour intervenir ». Cette capacité d’adaptation est souvent absente chez des névrosés qui sont préoccupés par la loi symbolique, le père, la culpabilité. P. –L. Assoun montre également comment la psychanalyse rencontre l’impasse subjective du psychotique. La psychose pose un problème énorme surtout sur la question du sexuel. Il nous rappelle la phrase de Lacan, « l’acte analytique ne doit reculer en aucun cas ». Comme tout autre savoir clinique, le psychanalyste entend le psychotique, sa souffrance et son conflit.


Tout en appréciant les avancées scientifiques sur l’imagerie mentales, les techniques et les thérapies médicales, il montre comment ces pratiques peuvent devenir problématiques. En répondant à une question posée, il explique qu’il y a une illusion chez certains praticiens, de finir par objectiver la folie, comme un objet de science pure. Il ajoute que tous les praticiens ne partagent pas cette illusion. L’imagerie cérébrale montre une lésion cérébrale, par exemple, on peut traiter cet endroit, mais ce qu’on ne peut pas oublier, c’est qu’on est face à un sujet parlant. La capacité de communication est toujours présente chez le sujet. Ces acquis ne doivent pas être transformés en illusion d’une objectivation. Il précise que la folie n’est pas simplement l’objet de la science, mais de sa condition. Malgré la version possible d’une objectivation, le sujet a une vérité dans laquelle il est engagée. Il ne s’agit pas d’un inconscient avec un I majuscule. Il ne s’agit pas non plus de la Vérité avec V majuscule. Les symptômes sont considérés comme étranges mais ils viennent de nous. P. –L. Assoun nous présente un exemple très simple. Quand on fait des lapsus, on est gêné. On fait passer notre petite vérité. Au plan social, on rit puis on passe à autre chose. D’ailleurs c’est conseillé au plan social. Mais, cette vérité empoisonne le social. Tandis que l’analyste est là pour dire qu’il y a une vérité du sujet de l’inconscient et qu’elle peut créer un symptôme, une souffrance, « une folie ». La psychanalyse montre qu’on ne peut pas objectiver un acte manqué ni un symptôme, mais c’est néanmoins un fait. On peut le déchiffrer du fait que c’est un sujet parlant qui est impliqué dans ce qu’on nomme traditionnellement « la folie ».


Photo par Udayanga Amarasekara/ Flickr photo

dimanche 4 juillet 2010

Olivier DOUVILLE, Chronologie de la psychanalyse du temps de Freud, 1856-1939, Paris, DUNOD, 2009, compte rendu par Elizabeth KALUARATCHIGE.



Dans cet ouvrage, Olivier Douville trace le cycle de vie de ce grand homme, père de la psychanalyse, depuis sa naissance à Freiberg en Moravie (actuelle Slovaqui) jusqu’au moment du dépôt de ses cendres dans l’amphore antique destinée à mélanger le vin et miel, au crématorium de Golder’s Green en Angleterre. La singularité de l’ouvrage est que l’auteur voyage au fil du rasoir entre un ouvrage biographique et historique d’un mouvement scientifique. Il est le résultat des investigations et recherches menées par l’auteur pendant des années sur le mouvement mondial de la psychanalyse.

En pointant la chronologie de la diffusion de la psychanalyse, à travers les publications, communications, cours, correspondances, rencontres, voyages, aventures, points d’arrêt, luttes, scissions, résistances et développements répartis aux quatre coins du monde, Olivier Douville montre que la psychanalyse du temps de Freud n’est pas qu’une affaire de personne ni d’un groupe de disciples, mais un surgissement d’une discipline nouvelle qui a des répercussions dans la pensée philosophique et dans les activités scientifiques, plus particulièrement dans le milieu psychiatrique. La chronologie tracée par Olivier Douville met en lumière, jusqu’à quel point la psychanalyse elle-même fait événement dans histoire et les événements de l’histoire font eux-mêmes entrer la psychanalyse dans leur mouvement.

Chaque année de la vie de Freud depuis 1875 forme un chapitre dans cet ouvrage. Dans chaque chapitre, différents pays sont évoqués comme marqués par la psychanalyse. La France entre en scène depuis 1882. Désormais, l’auteur étudie non seulement les expériences vécues par Freud en France, mais la résistance de la part de la France à la psychanalyse. L’auteur étudie finement les interactions ainsi que les apports théoriques et cliniques dans le milieu psychiatrique cédant une place non négligeable à la pratique psychanalytique des pays d’Europe comme l’Allemagne, la Suisse, l’Espagne, La Grande-Bretagne et la Hongrie, pendant l’expansion de la psychanalyse en Occident. William James, psychologue et philosophe des Etats-Unis est le premier savant en dehors de l’Europe, qui s’intéresse déjà en 1894 aux travaux de Freud et de Breuer. L’expansion de la psychanalyse vers les autres continents est abordée en accordant une importance justifiée, aux événements de petite envergure. Par exemple, l’auteur nous montre l’impact d’un petit commentaire d’un médecin du continent d’Amérique du Sud dans le mouvement psychanalytique à ses débuts. L’auteur est attentif à la moindre petite trace de la psychanalyse, telle que celle dont un écrivain japonais fait mention, pour la première fois en 1902, au sujet de la théorie freudienne de la sexualité dans un article de médecine. Avec cet événement presque anodin, l’auteur commence l’histoire de l’influence de la psychanalyse dans les pays asiatiques : Japon, Chine et Inde jusqu’au continent australien. L’année 1930 est marquée par la progression vers l’Afrique au travers de la région maghrébine, par le premier analyste arabe Moustapha Ziwar venu d’Egypte. Certains intellectuels et institutions et des pays du Proche Orient comme l’Iran, l’Israël et la Palestine s’inspirent de la psychanalyse. Dans la liste des pays impliqués dans ce mouvement, on entrevoit que les pays d’Afrique reste plutôt le « continent noir » du monde psychanalytique, sauf l’Afrique du Sud. Dans cet ouvrage on comprend la phrase de Freud : « D’Afrique, encore aucun signe de vie ». L’engagement freudien reste la colonne vertébrale de cette chronologie, pour tenir ce mouvement, qui fait des allers et des retours, entre tel ou tel continents, pays et régions.

En premier lieu, l’auteur met en relief le lien que la percée de la psychanalyse a avec les mouvements novateurs et révolutionnaires du début de la modernité : le surréalisme, l’athéisme, les révolutions politiques, les mouvements féministes, la psychologie expérimentale. En deuxième lieu, il nous montre jusqu’à quel point elle est victime des préjugés et des injustices jusqu’à devenir un mouvement d’exilés. Olivier Douville a pris le soin de montrer comment la psychanalyse s’est s’implantée solidement dans le cercle des analystes juifs malgré les persécutions, injures, destructions et exil forcé, et a pris racine dans les milieux non juifs et non européens. L’auteur nous guide pour comprendre la véritable expansion scientifique de la psychanalyse à travers les publications, les textes et les revues, traductions, colloques, associations et cercles de travail.

Une lecture critique de cet ouvrage nous permet de le présenter en tant que chronologie de « l’intérêt de la psychanalyse », au sens freudien du terme. Il prouve une fois de plus le statut épistémique de la psychanalyse et sa posture face au savoir régionalisé et globalisé. De la science, médecine, philosophie et la psychiatrie, jusqu’à la sociologie, l’anthropologie, en passant par les religions, l’art, la littérature et la politique, on rencontre un grand nombre de domaines dans lesquels « l’intérêt de la psychanalyse » se manifeste. Cet ouvrage montre la richesse des associations qu’elle commence à promouvoir entre ces divers domaines déjà au temps de Freud. Les réflexions de Piaget, Breton, Roheim, Selligmann, Tagore, Bataille et Bachelard, sur la psychanalyse, témoignent de la sympathie ainsi que la résistance à l’invention freudienne.

Depuis Galilée en passant par Darwin, l’humain résiste à la vérité qui se manifeste à travers les inventions scientifiques. Quant à Freud, il rencontre la résistance fondée sur un refus de l’humanité de reconnaître l’inconscient et la sexualité infantile, et de surcroît le complexe d’Œdipe. Les universitaires, écrivains, philosophes et littéraires semblent vouloir accueillir malgré eux, cette science marquée par une « révolution dans le savoir ». On suit tout au long de cet ouvrage, ces personnes menées par la résistance, qui tentent à éliminer certaines parties théoriques de la psychanalyse freudienne, par les interprétations, déviations et dérivations. On suit Jung, Groddeck, Adler et Rank, des piliers de l’édifice psychanalytique freudien, qui fondent leur propre domaine. Il est intéressant de suivre l’accueil ainsi que la scission, présenté selon le degré de résistance contre le sexuel et l’inconscient, le socle de la théorie psychanalytique.

Olivier Douville, psychanalyste, psychologue clinicien et anthropologue, montre à plusieurs reprises, la problématique de l’anthropologie dans la psychanalyse. Depuis Totem et tabou, on rencontre les publications, les interventions, et avancées conceptuelles à travers la psychanalyse mais également les critiques et l’hostilité. En effet Freud répond à Marett qui nomme le Totem et tabou une « just-so-story » : « Marett peut bien prétendre que la psychanalyse a laissé l’anthropologie au point où elle l’a trouvé, c’est-à-dire avec ses propres problèmes, puisqu’il se refuse aux solutions qu’elle lui donne… ». Ce propos freudien montre comment Freud fait un travail difficile et fécond en même temps. Corrélativement, comme on l’apprend tout au long de cet ouvrage, il s’agit de retracer la théorie freudienne de la culture qui a vu tout simplement le début de sa lutte pour prendre place dans les sciences qui étudient l’organisation culturelle et sociale.

Avant de terminer ce compte rendu, il faut insister sur l’utilité principale de ce travail. L’ouvrage est jalonné des années de la vie de Freud et accompagné d’un index des noms et d’un index des pays. Comme le propose l’auteur lui-même, le lecteur peut se servir de ce manuel pour guider sa lecture selon son intérêt théorique, historique et clinique.



samedi 31 octobre 2009

Paul-Laurent ASSOUN, Dictionnaire des œuvres psychanalytiques, PUF, 2009 : compte rendu par Elizabeth KALUARATCHIGE

L’ouvrage que nous allons présenter est le premier du genre : Dictionnaire thématique, historique et critique des œuvres psychanalytiques. Partant d’un postulat que « la psychanalyse est un domaine ou champ doté d’un texte », Paul-Laurent ASSOUN, nous présente un travail colossal d’érudition historique, scientifique et philosophique, requis par des décennies de recherches en psychanalyse.

Ce dictionnaire de 1468 pages contient le corpus des œuvres psychanalytiques, depuis l’œuvre d’exception originaire de Freud jusqu’aux écrits analytiques post-freudiens. Au-delà de cet aspect « grandiose », la part importante du dictionnaire se montre; l’intention de l’auteur de créer un instrument méthodologique à la fois critique et thématique, pour l’usage des lecteurs intéressés par la psychanalyse ainsi que des praticiens et chercheurs.

L’auteur prend la responsabilité de créer, seul, un dictionnaire, sous condition de respecter une méthodologie rigoureuse de la sélection des textes majeurs dans le réseaux des œuvres psychanalytiques. Elle homogénéise l’écoute des textes, à travers des paramètres appliqués à tous les textes traités dans le dictionnaire. Le traité de l’œuvre psychanalytique » qui précède le dictionnaire, sert ainsi de mode d’emploi.

Paul-Laurent ASSOUN, sans faire de résumé ni de commentaire personnel, nous présente chaque œuvre sous 12 rubriques : le titre, la genèse, le contexte, la structure, les thèse et problématique, l’argumentation, les avancées conceptuelles, les apports cliniques, les caractéristiques formelles, les réception et postérité, les auteurs cités, les corrélats et pour les auteurs post-freudiens les références et emprunts à Freud.

Le fil conducteur de cet ouvrage est bien la présentation de la psychanalyse, en tant que science et pratique clinique intégrée dans le réseau des sciences humaines, sociales, pures et appliquées. Il s’agit donc de présenter l’écrit analytique, avec son inscription dans la culture et son acte dans l’espace et dans le temps. Cet ouvrage mérite son nom « dictionnaire » par cette qualité de repérage de chaque texte, dans le réseau des œuvres psychanalytiques proprement dites et des œuvres « hors du domaine psychanalytique » connectées à la genèse et la postérité du texte.

Le lecteur du dictionnaire est invité à revisiter l’œuvre freudienne comme un produit de la culture, avec ses liens entre les discours scientifiques de son époque et la postérité dans la littérature « post posée » à celle de Freud. L’œuvre post freudienne, « née et engendrée du texte freudien », est à considérer avec son rapport à l’institutionnalisation de la technique psychanalytique, son amplification sociale, et le dynamisme éditorial dans les recherches psychanalytiques.

Le dictionnaire présente l’analyse du titre du texte comme la première désignation de l’écrit, en mettant en relief l’art freudien du choix du titre. L’auteur montre son génie de chercheur, à travers l’analyse de la genèse, structure, thèse et problématique et argumentation sans négliger les concepts et les apports cliniques. L’Avenir d’une illusion ou LHomme Moïse et la religion monothéiste par exemple, ouvre de nouvelles pistes pour comprendre le tissage non pas d’un texte, mais d’une théorie fondée sur la clinique, avec un passé et un futur, enchevêtrée dans le discours, sur la religion monothéiste à travers le pasteur Pfister, sur le sentiment océanique à travers Romain Rolland, en s’exposant aux protestations et critiques du monde intellectuel occidental et oriental.

Le mérite de l’auteur est de mettre en valeur les textes moins connus, pour leur place dans les avancées conceptuelles. Un des meilleurs exemple vient du texte Transfert et réalité de H. Nunberg. Le lecteur peut y apprendre non seulement sa genèse dans l’œuvre freudienne, mais aussi sa postérité dans la réflexion lacanienne sur l’idéal du moi et l’objet a.

Le dictionnaire nous connecte aux textes qui ont dévié, déporté ou désaxé, la théorie freudienne vers la création des théories mystiques, énergétiques, féministes, politiques ou ego psychologiques. Par leur qualité de déploiement de la théorie freudienne, ils sont devenus la rétroaction positive dans le progrès du mouvement psychanalytique. Les textes de Jung, Federn, Bouvet, Eisenstein, Hartmann, Bion, Balint, Reich, Bowlby, Deutsch, Rank, Spitz, Fenichel, Bick et Horney montrent non seulement les controverses et divergences, mais aussi leur interactions dans le développement fructueux du mouvement analytique. Le dictionnaire sert à lire Lacan ainsi que les post freudiens tels que Klein et Winnicott sans les mettre en rivalité avec Freud, afin de comprendre la « mise en forme d’un acte et d’une « pensée », articulée au symptôme ».

Il est dit dans l’avertissement « Le lecteur aura le loisir de s’y référer, soit avant de se mettre en route dans la traversée des œuvres, soit, chaque fois que nécessaire, en navette avec les aspects évoqués entre chacun des textes recensés et la problématique globale de l’œuvre ». En effet, le lecteur aura la satisfaction d’avoir trouvé cet instrument unique afin de voyager dans le « con-texte » : interne de l’œuvre spécifique, intérieur du mouvement psychanalytique, externe et globale concerné par l’œuvre psychanalytique et il aura le plaisir de constater la richesse et la qualité de ce dictionnaire qui fait événement dans le mouvement psychanalytique.

dimanche 26 juillet 2009

Le vêtement féminin à l’école et le désir dans le lien social par Elizabeth KALUARATCHIGE


Que peut-on dire de spécifique du corps vêtu de l’adolescente à l’école? Le voile du symbolique couvre, embellit et masque le corps pulsionnel. Ainsi, selon la conception lacanienne de l’objet a[1], le corps de la jouissance sera couvert par le vêtement. L’objet a est en effet, antérieur à l’objet d’amour et à la constitution du statut de l’objet commun, communicable et socialisé[2]. Il conceptualise l’impossibilité de jouir de l’Autre dans sa forme non-symbolique, c’est-à-dire das Ding ou la Chose. Pour être symbolisé, cet objet maternel doit manquer du phallus, marquant ce « manque » par le vêtement du symbolique. Le vêtement n’est donc pas qu’une métaphore, il fonctionne aussi comme un fait du culturel.

L’adolescente est une femme «en devenir ». Elle vit son corps dans son destin anatomique et psychique. D’après Freud, l’invention du tissage par la femme, montre le travail de l’inconscient sur son corps dépourvu d’organe phallique[3]. Le mouvement de recouvrement du corps serait donc laissé à l’initiative de la femme, par cela même, paradoxalement, elle dissimule le manque de la mère. Il s’agit d’un conflit mystérieux, proprement féminin, qui consiste à voiler le manque dans l’Autre et à faire surgir le manque en remportant la victoire de l’Eros dans sa demande d’amour. A partir de ce point précis, il semble possible d’affirmer que le vêtement féminin met en lumière l’acte de tisser et défaire le lien d’amour, par la suite le lien social.

Au moment de l’adolescence, dans son Œdipe au féminin, la fille se situe donc entre deux axes : refuser le féminin pour promouvoir le narcissisme ou devenir femme en son corps pour désirer l’objet. Les adolescentes semblent questionner, à travers le vêtement, ce double destin : la jouissance ou le désir. Afin d’aller vers le sexuel, elle lutte contre la mère fantasmée comme toute-puissante incarnant la toute-jouissance. En effet, il s’agit de l’enjeu inconscient du ravage « entre mère et fille »[4]. L’adolescente questionne ainsi : Faut-il voiler ce corps qui met en évidence ce manque, ou restituer dans l’imaginaire l’objet a pour nier le manque ?

Habiller du symbolique ou de l’imaginaire

Pour soutenir nos hypothèses, nous avons pris en considération quelques formes culturelles, sociales et commerciales de vêtements devenus cibles des conflits entre l’adolescente et l’école. Posons quelques questions de départ : porteuses de décolletés, de voile, de survêtements unisexes, et les anorexiques refusant les vêtements typiquement féminins. Quel rapport ont-elles avec les réglementations scolaires et le marché des vêtements ? Visiblement elles acceptent ou rejettent catégoriquement les propositions commerciales. Cependant, la clinique différentielle met en évidence la manière dont le désir du sujet est au centre de cette question du vêtement porté à l’école. Le sujet nous dévoile rarement une pure manipulation politique ou médiatique ; il est dans sa logique de désir ou d’aliénation à une image narcissique sous un masque du culturel. Nous avons, d’une part, les propositions narcissiques telles que les identifications « sexistes » ou « hyper-modernes » ou « sportives », et de l’autre les idéaux narcissiques tels que « religieux » ou « traditionnels » dessinant l’image idéale d’une jeune fille. En principe, les images narcissiques proposées par différents organismes du social sont censées étayer le sujet. Lorsque la fonction paternelle n’a pas désigné son identification sexuée, la fille pourra difficilement concevoir l’idéal constituant son sujet. Dès lors, l’institution et ses normes incarneront pour elles des limites injustifiées à sa jouissance. Donc le sujet s’identifiera à une image incompatible avec son désir ou à une image dévalorisante, ou bien à une image du narcissisme de la toute-puissance. Cependant, les conflits adolescentes/école, à propos du vêtement attestent que les idéaux narcissiques proposés par le collectif n’ont pas pu contenir ou orienter bien longtemps la souffrance des adolescentes.

Il importe de noter ici, que les filles ayant ressenti l’injustice de la part de l’Autre dans sa préhistoire, perçoivent l’institution comme complice agissant contre son avènement et son émancipation. Elle réagit ainsi contre l’injustice institutionnelle. En empruntant les termes utilisés par Pascal Lardellier[5], on pourrait dire contre « la miss Cendrillon de temps moderne » sélectionnée selon des commandements, et également contre la banalisation des Lolitas ».

En effet, actuellement, le voilement et l’embellissement du corps féminin, ont une jonction avec le commerce capitaliste et libéral. Les vêtements du symbolique semblent avoir un destin commercial. C’est l’industrie des vêtements qui nous fournit ce voile. L’inscription au symbolique semble commercialisable, et les jouissances également semblent pouvoir être bradées au prix du marché. On propose des bouts de jouissance ou des « plus-de-jouir » aux femmes aussi bien qu’aux hommes, sous forme de lingerie féminine. Les vêtements soutenant l’objet de l’angoisse du sujet sont ainsi proposés par le marché. Mais, le sujet ressent qu’il existe un corps non vendable, ni liquidable à n’importe quel prix. Quant, à l’école, n’acquiesce-t-elle pas à ce marché et aux propositions imaginaires et narcissiques du social, malgré les interdits vestimentaires contre la mode ultra-sexiste ? Comme le note J. J. Rassial, « l’école est l’instrument privilégié du refoulement social au profit de l’institution. Le mot institution a un sens précis. Non pas dans le seul sens d’une répression du désir, mais aussi dans le sens d’une promesse de jouissance »[6]. Quelle répression exerce-t-elle et quelle jouissance promet-elle l’école, à la jeune fille ? Couverte de coutumes, habitudes ou/et traditions économiquement ou politiquement déterminés, cette double forme élémentaire du travail du culturel est presque invisible.

Instauration masculine de l’éducation des filles

L’école en tant qu’institution n’incarne-t-elle pas, auprès de la jeune fille, l’instauration originaire de l’institution faite par les frères de la horde ? Prenons l’instauration de l’éducation des filles en France. Les femmes ont-elles demandé cette éducation conçue par les hommes ? Pendant la 3ème République, le droit de vote étant le privilège des hommes, les parlementaires, c’est-à-dire « les frères de la République » ont proposé une éducation bien différente de celle des garçons et une structure éducative pour les filles sous certaines conditions. Claude et Françoise Lelièvre nous montrent clairement comment les républicains ont voulu éduquer les femmes pour qu’elles deviennent modératrices de la société et éducatrices des fils de la République[7]. Jules Ferry a déclaré qu’ « Il faut que la démocratie choisisse, sous peine de mort ; il faut que la femme appartienne à la science ou qu’elle appartienne à l’Eglise »[8]. Les femmes étaient dans l’obligation de devenir les femmes de la République, pas encore les citoyennes (sans droit de vote). Comme disait Deleuze, femme en tant que minorité doit « devenir », tandis que l’homme est la majorité et il n’est pas à devenir[9]. Sur le plan politique et social, la femme reçoit ainsi, de la part de l’homme, une éducation conçue par l’homme.

Il fallait, dit-on, proposer aux femmes une sublimation non religieuse, pour réprimer leur pulsion sexuelle. Dans tous les cas, la religion se méfiait de la sexualité de la femme ; n’en est-il pas de même pour l’école devenue l’école de l’Etat éducateur ? Pour Bourdieu, l’école, malgré sa séparation d’avec l’Eglise, continue de transmettre les présupposés de la représentation patriarcale[10], par les filières, l’orientation, et l’inculcation des valeurs. Les conflits avec des professeurs femmes incarneraient-ils la lutte de l’adolescente contre la contribution féminine ? Les conflits ne sont-ils pas une figure de cette émancipation féminine, contre les freins de la culture et le rejet de sa contribution à instaurer et consolider l’institution originaire des frères considérée comme répressive et tyrannique? Lorsqu’on perce la toile du discours purement politique, nous percevons comment l’adolescente évoque « cette Chose » travaille en elle.

L’école en tant que paradigme de l’uniformisation

Dans la société dite post moderne, d’un côté, l’école laïque veut cette neutralité religieuse et sexuelle, elle veut promouvoir l’indifférence par rapport à la différence sexuée. De l’autre, une culture soutenue par les impératifs du marché libéral et ses corollaires médiatiques proposent des vêtements à la dernière mode, une manière de jouir en tant qu’être non seulement de désir mais aussi de jouissance sexuellement connotée.

L’école, à travers les règles, témoigne de sa préférence pour les jeunes filles portant des pantalons, des jeans ou des survêtements. Ne souhaite-t-elle pas une autre uniformisation des tenues vestimentaires occidentales ? Malgré cette demande de l’école, la jeune fille suivra son désir. Les décolletés, mini jupes, pantalons en bas des hanches en montrant ainsi leur cache-sexe témoignent de sa recherche du regard de l’autre et de l’Autre, pour montrer sa différence en tant que femme. Ou bien, la jeune fille veut-elle « montrer » qu’elle porte la culotte pour défier le masculin ? Elle surenchérit, avec les vêtements, « le sujet polémique » : sexiste et religieux. Dans un cas comme dans l’autre, l’adolescente défie et nargue la réglementation des jouissances proposées par l’institution. Par sa mon(s)tration, elle met en relief le risque de surgissement du monstre parmi les humains. Les sujets polémiques surgissent forcément à travers les fentes laissées entre les écorces du symbolique, là où la loi n’est pas clairement transcrite en tant que règlement.

Vêtement de la jouissance

Par ailleurs, l’adolescente portant les vêtements d’une « enfant-prostituée » transmet un message de la souffrance d’une fille « chosifiée » devenue objet de jouissance de l’autre. Le sujet devient l’objet « vendable » du marché de vêtement extra-sexiste. Il s’agit ici de la fille «violentée» prête à être vendue à l’Autre de la jouissance. Ces adolescentes sont continuellement dans les passages à l’acte, elles sont démonstratrices de leur vécu traumatique de jadis. Les agressions venant des institutions ou des individus leur permettent de retravailler cette souffrance dans le réel. Elles ressentent une jouissance de «plénitude réelle» avec la Chose, à travers un corps qui jouit des agressions cherchées et provoquées. Dès lors, l’objet masculin rabaissé ne lui apportera donc pas le phallus. Elle est elle-même le phallus de «l’objet de l’inceste», corps ouvert et « sans culotte ». La figure de la « femme-enfant » de Margueritte Duras est exemplaire pour un tel cas de figure. Elle ressemble à une incarnation d’une adolescente vivant dans l’amour fusionnant d’une mère inassouvie, dévastée et endeuillée. L’adolescente persévère dans la réparation de cette mère défaillante. Par exemple, Duras écrit comme ceci : « Reste cette petite-là qui grandit et qui, elle, saura peut-être un jour comment on fait venir l’argent dans cette maison»[11]. Face à la misère d’amour, le corps « vendable » est le corps imaginaire aliénant, bradé comme une « chose ».

Le Voile et la robe sous forme d’un sac

Nous avons retenu deux cas de figures d’adolescentes préférant porter le voile et une robe sous forme d’un sac. Notre hypothèse est que la même tenue vestimentaire désigne deux manifestations possibles du corps pulsionnel. Il s’agit d’une lutte contre ou pour le maternel.

Prenons le premier cas de figure. Comme disait Marguerite Duras, un vêtement comme un sac peut être éternel[12]. Malgré le voile et le vêtement « éternel » tombant comme un sac proposé par la tradition, la femme du désir cherche les moyens de le transformer en voile de désir. Brodé et décoré par les fils d’or ou d’argent avec des motifs, elle le prend pour singulariser sa demande d’amour. Malgré son voile ou la robe traditionnelle, elle s’adonne au jeu du désir : les maquillages, les bijoux et les parfums. Néanmoins, les conflictualités entre les images narcissiques « politiques, nationales et internationales » rallument sa lutte contre les modes conçues par une telle adolescente comme « modes des prostituées ». Le voile et le vêtement sous forme de sac, mais bien décoré sont portés par l’adolescente pour dire qu’elle est femme. Elle attend son « futur » homme : l’objet d’amour de ses fantasmes. Elle attend qu’il dévoile un jour son corps du désir. Comme nous avons montré ailleurs, dans un de nos articles[13], l’adolescente met en relief non seulement le désir au féminin, sujet tabou de l’école, mais aussi son identification sexuée dans un lieu où paradoxalement l’on prône l’indifférence à la différence, à la différence sexuée aussi bien que toutes autres différences.

En effet, ces adolescentes se mettent à créer des « attrape regards ». Elle porte un vêtement dit « hors norme », selon l’endroit de sa fréquentation. Elle veut transmettre son message. Dès qu’elle est dominée par le désir d’objet, elle cherche le regard de l’autre : son objet d’amour. Comme le note Freud[14], elle est dans la logique de la pulsion scopique renversée qui est caractéristique du féminin. Il s’agit donc d’un refoulement d’une pulsion sous forme passive : se faire voir. Il s’agit d’une version masochiste au féminin, pour être soumise au regard de l’autre. Le sujet, lorsqu’il est dans sa stratégie du désir d’objet, montre son corps pulsionnel mis en valeur par les vêtements, promus par les propositions de la tradition ou du marché, mais pourtant paradoxalement interdits par l’école.

Dans le deuxième cas de figure, au moment où elle pratique l’outrage, elle témoigne sa recherche du regard de l’Autre, c’est-à-dire l’objet a perdu. Elle s’habille contrairement à sa mère vêtue à l’occidental. La fille qui l’a cherché éperdument à l’endroit de la mère, vit cet Autre du culturel, comme la répétition de cette situation. Ici « se faire voir », veut-dire l’objet regard quêté au-dehors. Le sujet adresse son désir à l’Autre, pour être de lui reconnu. Le regard de l’Autre étant inconcevable, l’adolescente devient donc soi-même le regard de l’Autre. Il s’agit de se faire elle-même l’objet a, le regard, comme le sein ou l’excrément. L’adolescente montre ainsi le désirant absent. Le voile ou le vêtement réel devient l’objet a en comblant la mère manquant du phallus et qui restitue la plénitude absolue de la Chose. Peut-on donc la nommer comme dans la tradition indienne « fille descendue de l’anus d’éléphant» ou comme disait Lacan « l’excrément du Diable » ? Si elle ne porte pas ce vêtement « le fétiche », la « culotte » ou le « voile », elle sera châtrée. Questionnons donc ; qu’est-ce que la castration chez la fille qui pourrait évoquer le risque d’être châtrée? Il convient d’aborder ici le concept de «l’aphanisis» (du grec : disparition). Lacan montre comment l’aphanisis se substitue à la castration, qui est la crainte pour le sujet de voir s’éteindre en lui le désir[15]. La fille nie la castration, c’est-à-dire qu’elle accepte d’être châtrée et de porter le fétiche qui la pourvoira du phallus qu’elle veut se procurer. N’est-il pas normal, donc, comme l’écrit Freud, que la moitié de l’humanité, c’est-à-dire les femmes peuvent être qualifiées de fétichistes du vêtement. En écrivant à Karl Abraham Freud ajoute « Le fétichisme des vêtements normaux des femmes est également lié à la pulsion de voir, à la pulsion de dénudage»[16]. Le vêtement pourrait être ensuite élevé au rang de fétiche pour dire : la mère doit avoir un phallus. Au contraire, Lacan dit que «le fétichisme est excessivement rare chez la femme, au sens propre et individualisé où il s’incarne dans un objet que nous pouvons considérer comme répondant d’une façon symbolique au phallus en tant qu’absent»[17]. Elles incarnent elles-mêmes le fétiche. Ces adolescentes sont donc l’exemple radical de ce phénomène de fétichisme au féminin.

C’est un retournement de la «misère d’être femme châtrée» par une stratégie de l’ivresse qui s’élève non pas vers l’émancipation mais vers une «rédemption». Elle offre son corps et sa beauté à cette rédemption. Le moment de l’adolescence est propice à cette exaltation narcissique. Comme le note P.- L. Assoun, le terme allemand Schwärmerei est utilisé par Freud pour expliquer ce moment d’ivresse idéologique, et du fanatisme[18]. Le sujet s’éloigne de l’objet et de l’autre, dans un corps fanatique comme l’étymologie de ce mot désigne « le gardien du temple ». Le corps ainsi sacralisé lui-même devient l’Autre « absolu » possédant cet objet a qui comble le manque. Elle dit ainsi qu’elle n’est pas prête à l’amour de l’objet qui donnera le phallus symbolique. Elle soutient donc sa stratégie narcissique par les coutumes d’un groupe social, en prenant en gage la communauté elle-même. Un idéal culturel ou l’extrême religiosité, lui fournirait ce pouvoir. Dès lors, dans sa logique de la toute-puissance, les règlements de l’insitution peuvent être transgressés sans hésitation.

Revenons vers le lien social. Face au surenchérissement de l’acte sexuel, comme pure jouissance « illimitée » comme tout autre forfait « illimité » de notre société, une forme de psychose collective prend naissance. De plus, face à l’extrême religiosité et austérité « illimitée » se crée une autre forme de psychose collective. A notre avis il s’agit de deux figures d’un mythe du retour du chaos, l’angoisse du retour de « la (même) Chose ». En effet, l’imaginaire social se tient à partir de ces images de la terreur du chaos. Comme l’écrit Debarbieux, l’institution voit dans le port du voile des jeunes filles, un phénomène irrémédiable[19]. Cherchons un peu du côté psychanalytique du lien social. Perplexe dans ses choix, l’adolescente à travers ses vêtements « rebelles » ou « traditionnels », transmet son angoisse à l’autre qui se méfie des traditions perçues comme étrangères à l’institution. L’homme qui a peur de la femme voilée aussi bien que l’homme qui réclame le voilement, ne sont-ils pas victimes de cette angoisse de béance maternelle ? Si l’on considère deux contextes culturels « voiler » et « dévoiler », cacher et montrer les cheveux n’incarnent-ils pas tous les deux, l’horreur du retour du chaos dans le lien social ? On peut reconnaître cette adolescente toute-puissante dans la figure de la déesse vierge Athéna. Dans son écrit sur le tabou de la virginité[20], Freud aborde cette question de la vierge d’une «pureté intacte» et incarnant la toute-puissance. Dans le contexte scolaire où l’homme espère voir la femme neutralisée, désexualisée ou plutôt « unisexifiée » l’adolescente voilée, plus que la dénudée, ne montre-t-elle pas sa féminité intacte comme Athéna, déesse de la virginité, qui porte la tête de la Méduse sur son bouclier?

Au contraire, par le choix des survêtements, l’adolescente témoigne de la dissimulation du corps féminin et l’éloignement du corps de toutes les manifestations sexuelles. Toujours, vêtue d’une doudoune ou d’un vêtement unisexe, elle ne s’éloignera pourtant pas de la femme fétichisée. Elle incarne le bâton érigé pour marquer le phallus en réalité absent chez la mère. Cependant, elle est rarement marginalisée par l’école, conformément à la jouissance sportive proposée par le social dans la mesure où elle s’éloigne des polémiques anti-commerciales et politiques.

Refus radical des propositions de l’Autre

Parmi toutes ces figures du vêtement féminin, le corps maigre de l’anorexique, est l’exemple par excellence de refus radical du marché alimentaire, puis du marché vestimentaire typiquement féminin. Avec Lacan, on pourrait dire qu’elle est en dol, pour demander l’amour manqué de la mère devenue réelle et toute puissante et qui pouvait tout donner et tout refuser[21]. Le marché fonctionne, en effet, entre le besoin et la demande. L’anorexique est radicale, elle en a eu trop pour satisfaire ses besoins, mais elle n’a pas eu la réponse d’amour pour sa demande. Elle veut être insoumise à cet Autre du symbolique fantasmé comme l’Autre maternel « hors symbolique ». Les objets « nourriture, vêtement, l’enseignement » proposés par la famille, par le marché et par l’école représentent, chez elle, cette même scène« offre du rien » c’est-à-dire « non- amour ». Elle défie et nargue ainsi toute forme de jouissance promise par le lien social. Elle veut, consommer l’objet a devenu le « rien » du symbolique, qu’elle a eu en tant que « réponse d’amour ». Elle pourra donc savourer « la jouissance sans limites » sans dépendre des offres de l’Autre du culturel.

G. Raimbault et C. Eliacheff, ont nommées les anorexiques « Les indomptables »[22]. Si l’on étudie l’écriture anorexique, on constate qu’il s’agit d’une plaidoirie de l’injustice de l’Autre qui donne les portions congrues, et qui force à manger ce qu’il vous offre. L’anorexique devient la dissidente, qui porte le cahier de doléance, face à un marché évoquant l’injustice sociale et de libéralisme sauvage contre l’amour à l’humanité. A notre avis les écritures d’Amélie Nothomb est l’exemple par excellence. Quel sens donner à cet acte vindicatif ? Pour avancer dans cette voie, l’hypothèse proposée par Lipovetsky ne manque pas d’intérêt. L’idée mise en avant est que le culte de la beauté fonctionne comme une police du féminin, une arme à arrêter leur progression sociale[23]. Nous préférons, proposer l’hypothèse que l’institution veut réguler et contrôler, par ses idéaux narcissiques, la jouissance des femmes. L’anorexique étant celle qui a vécu l’injustice dans sa préhistoire, est fortement sensible à cette répression sous forme de propositions narcissiques. Son narcissisme, centré autour de l’autoérotisme, rejette plus ou moins l’objet d’amour. Elle ne veut ni « prison domestique » ni « prison esthétique ». Les hommes sont constructeurs de ces prisons. Elle refuse ainsi son destin féminin que selon elle, est injuste : avoir le corps typique d’une femme exigé par l’Autre, premièrement sous forme de mode, avec la panoplie de vêtements, avec ses critères de « beauté féminine avec ses seins et ses muscles fessiers », deuxièmement sous forme de destin féminin « d’être mère ». On m’a refusé jadis l’amour, je refuse ainsi le destin que l’Autre m’impose aujourd’hui.

Concluons

Au centre de ces conflits, il est question de l’Œdipe encore inachevé de l’adolescente. Par ailleurs, à partir d’un début d’une hystérie ou perversion classique l’adolescente sera nommée par l’institution comme « allumeuse » « rebelle « séductrice » ou comme un véritable « objet de jouissance ». Au moment de l’adolescence, à partir de l’exaltation narcissique en conflit avec l’investissement d’objet, l’adolescente devient en effet, imprévisible dans ses passages à l’acte. Néanmoins, au moment où elle met en relief les ouvertures de la jouissance laissées par le lien social, elle incarnera la toute-puissance de la Chose « mère totale ». C’est à ce moment là, au sein de l’école, l’autorité constate l’existence de véritables fentes décousues ou non encore cousues du voile du symbolique. D’un conflit banal sur le maquillage dans la classe, jusqu’au conflit controversé comme porter le voile, l’école témoigne de la difficulté que l’institution en général rencontre à transcrire la Loi « une fois pour toute ». Les règlements inscrits et les critères transparents laissent de toute évidence de côté une partie non inscrite, en tant que « hors-symbolique ». Il s’agit en effet, d’un point faible du tissage du symbolique surgissant dans l’enceinte de l’école.

Bibliographie

Assoun, P.- L., « La folie de l’idéal ou l’inconscient fanatique. Figures de la Schwärmerei, in « Pourquoi le fanatisme », Penser et rêver, N° 8, automne, édition de l’Olivier, 2005, p. 169-188.

Bourdieu, P., La domination masculine, Paris, Seuil, Point Essais, 2002.

Debarbieu, E., La violence en milieu scolaire, Tome 2, Le désordre des choses, Paris, ESF, 1999.

Deleuze G., Abecedaire, produit et réalisé par Pierre-André Boutang, DVD, 2004.

Freud, S., « La féminité » in Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse, Paris Gallimard, folio essais, 1984.

Freud, S., « Le tabou de la virginité », (1918), in La vie sexuelle, Paris, P.U.F., 1969,

Freud, S., Lettre du 18 février 1909, in Correspndance, S. Freud et K. Abraham, Paris, Gallimard, nrf.

Kaluaratchige E., Voiler et dénuder : retour du féminin à l’école de la République, in Synapse, 2006.

Lacan, J., Le Séminaire, Livre IV, La relation d’objet, Seuil, 1994.

Lacan, J., Le Séminaire, Livre X, L’angoisse, Paris, Seuil, 2004.

Lacan, J., Le Séminaire, Livre XX, Paris, Seuil, 1975.

Lardellier, P., Les nouveaux rites, Du mariage gay aux Oscars, Paris, Belin, 2005.

Lelièvre, C. et F., Histoire de la scolarisation des filles, Nathan, 1991, p. 121.

Lessana M.- M., Entre mère et fille : un ravage, Paris, Pauvert, Département des éditions Fayard, 2000.

Lipovetsky, G., La troisième femme, Permanence et révolution du féminin, Gallimard, 1997

Rassial, J.-J., L’adolescent et le psychanalyste, Paris, Rivages/Psychanalyse, 1990.

Raimbault G. et Eliacheff C., Les indomptables, Figures de l’anorexie, Paris, Odile Jacob, 1988.

Discours et opinions de Jules Ferry, Paris, Robiquet, Armand Colin, 1896, t 1, p. 304.



[1] J. Lacan, Le Séminaire, Livre XX, Encore Paris, Seuil, 1975, p. 14.

[2] J. Lacan, Le Séminaire, Livre X, L’angoisse, Paris, Seuil, 2004, p. 108.

[3] S. Freud, « La féminité » in Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse, Paris Gallimard, folio essais, 1984, p. 177.

[4] D’après ce terme utilisé par Lacan, M.- M. Lessana traite la manière dont une femme peut éprouver une menace de persécution, ou bien elle peut être tentée de «se laisser ravir», de se laisser déposséder par l’image d’une féminité réalisée. Voir Entre mère et fille : un ravage, Paris, Pauvert, Département des éditions Fayard, 2000.

[5] P. Lardellier, Les nouveaux rites, Du mariage gay aux Oscars, Paris, Belin, 2005, p. 163

[6] J.-J. Rassial, L’adolescent et le psychanalyste, Paris, Rivages/Psychanalyse, 1990, p. 81.

[7] C. et F. Lelièvre, Histoire de la scolarisation des filles, Nathan, 1991, p. 121.

[8] Discours et opinions de Jules Ferry, Paris, Robiquet, Armand Colin, 1896, t 1, p. 304.

[9] G. Deleuze, Abecedaire, produit et réalisé par Pierre-André Boutang, DVD, 2004.

[10] P. Bourdieu, La domination masculine, Paris, Seuil, Point Essais, 2002, p. 119.

[11] M. Duras, L’Amant, Paris, Les éditions de minuit, 1984, p. 33.

[12] M. Duras, L’Amant, op. cit., p. 29.

[13] E. Kaluaratchige, Voiler et dénuder : retour du féminin à l’école de la République, in Synapse, 2006.

[14] Lettre du 18 février 1909, in Correspndance, S. Freud et K. Abraham, Paris, Gallimard, nrf, 1969.

[15] J. Lacan, Séminaire, Livre IV, La relation d’objet, Paris, Seuil, 1994, p. 216-.217.

[16] Lettre du 18 février 1909, in Correspndance, S. Freud et K. Abraham, op.cit.

[17] J. Lacan, Le Séminaire, Livre IV, op. cit., p. 154.

[18] P.-L. Assoun, « La folie de l’idéal ou l’inconscient fanatique. Figures de la Schwärmerei, in « Pourquoi le fanatisme », Penser et rêver, N° 8, automne, édition de l’Olivier, 2005, p.176.

[19] E. Debarbieu, La violence en milieu scolaire, Tome 2, Le désordre des choses, Paris, ESF, 1999, p.84-85.

[20] S. Freud, « Le tabou de la virginité », (1918), in La vie sexuelle, Paris, P.U.F., 1969, p. 66-80.

[21] J. Lacan, Le Séminaire, Livre IV, op. cit, p. 185, p. 223.

[22] G. Raimbault et C. Eliacheff, Les indomptables, Figures de l’anorexie, Paris, Odile Jacob, 1988.

[23] G. Lipovetsky, La troisième femme, Permanence et révolution du féminin, Gallimard, 1997, p. 137.